Voyage responsable Tanzanie : Eviter les Visites d’Ecoles et d’Orphelinats

VOYAGE RESPONSABLE EN TANZANIE
Pourquoi nous évitons les visites d'école & d'orphelinat

NOTRE VISION DU TOURISME RESPONSABLE EN TANZANIE

“Est-ce que nous accepterions qu’un·e tanzanien·ne que nous ne connaissons pas fasse la même chose chez nous?”

C’est une question toute simple. Mais peut-être la seule qui compte. C’est certainement la première question que nous nous posons avant d’ajouter une activité à notre offre. Et souvent, c’est aussi la raison pour laquelle certaines n’y figurent pas.

Nous sommes convaincus que si une activité paraît intrusive, inappropriée ou irrespectueuse dans votre propre culture, elle ne devrait pas être acceptable en Tanzanie non plus. C’est pourquoi nous ne proposons pas de visites d’écoles ou d’orphelinats, même si elles sont courantes chez d’autres opérateurs touristiques. 

POURQUOI NOUS NE PROPOSONS PAS DE VISITES D'ECOLES

À première vue, visiter une école locale peut sembler être une belle façon de créer du lien ou de contribuer positivement à la communauté. Et nous savons que c’est probablement votre intention. Mais la réalité est toute autre : les seules écoles qui acceptent les visites sont celles qui accueillent des enfants vulnérables, et uniquement parce qu’elles dépendent des dons pour survivre.

Ce ne sont pas des écoles publiques bien financées. Ce sont des établissements fréquentés par :

  • des enfants dont les familles ne peuvent pas payer les frais d’école publique ;
  • des enfants avec des besoins éducatifs ou émotionnels particuliers ;
  • des jeunes en situation de rue ;
  • des enfants victimes de violences ou de négligence.

Lors de ces visites, vous serez très souvent conduit directement dans une salle de classe — interrompant un cours destiné à des enfants déjà en difficulté à cause de leur environnement, de la pauvreté ou de traumatismes.

Des enfants déjà vulnerables à cause de leur situation familialle. Des enfants qui ont déjà du retard à l’école. Des enfants qui doivent parfois travailler une partie de la semaine pour aider leur famille. Des enfants qui peinent à se concentrer. Des enfants qui deviennent malgré eux des attractions touristiques, parfois plusieurs fois par mois, semaine ou même par jour.

Accepteriez-vous qu’un·e tanzanien·ne que vous ne connaissez pas disturbe les cours de vos enfants une fois par mois, semaine ou jour? 

… ou même qu’une seule fois?

NOTRE POSITION SUR LES DONS AUX ECOLES

Nous ne sommes absolument pas contre les dons, mais ils doivent être faits de manière réfléchie et respectueuse, sans rien attendre en retour. Nous comprenons que vous souhaitez vous assurer que l’organisation est sérieuse et transparente. Mais ce n’est pas en visitant une classe que vous le saurez.

« Mais les enfants souriaient, donc ils doivent certainement être bien traités, non ? »

Mais tout enfant sourirait si vous lui donnez un bonbon… ou un peu d’attention qu’il ne reçoit peut-être nulle part ailleurs.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que les contacts répétés et de courte durée avec des étrangers peuvent entraîner des troubles de l’attachement, en particulier chez des enfants déjà fragilisés. Et cela ne concerne pas que les touristes : bon nombre de ces structures éducatives travaillent avec des volontaires étrangers de court terme, souvent avec de bonnes intentions mais non qualifiés. Ces séjours de quelques semaines laissent des traces émotionnelles importantes chez les enfants.

Ethical travel Tanzania: why we don't organize visits to schools and orphanages - teacher during class in Tanzanian school

Comment pouvez-vous facilement le constater ? Observez leur façon d’interagir avec les inconnus et demandez-vous si c’est la réaction normale d’un enfant. Par exemple, lorsqu’ils courent droit vers vous et se montrent trop affectueux, c’est un signe évident. Les enfants feraient normalement preuve d’une certaine prudence envers les inconnus.

Un autre problème est que des milliers d’enseignants tanzaniens qualifiés sont sans emploi, alors qu’ils comprennent bien mieux la langue, la culture et les besoins de ces enfants que la majorité des bénévoles étrangers. Ils ont aussi reçu une formation appropriée et peuvent assurer un cadre plus stable.

Si vous souhaitez vraiment aider, nous serons ravis de vous mettre en contact avec des projets communautaires fiables et menés localement — sans perturber la vie des enfants.

Nous vous demandons également, par respect, de ne pas publier de photos ou selfies avec des enfants locaux sur vos réseaux sociaux. Vous n’aimeriez probablement pas qu’un·e inconnu·e publie des photos de vos enfants — eux non plus.

POURQUOI NOUS NE PROPOSONS PAS DE VISITES D'ORPHELINATS

Tout ce que nous venons d’expliquer à propos des écoles s’applique également aux orphelinats — avec une nuance de taille :

80 % des enfants dans les orphelinats tanzaniens ne sont pas orphelins. (source: Unicef)

Oui, vous avez bien lu.

80 % des enfants dans les orphelinats tanzaniens ne sont pas orphelins.

La majorité de ces enfants ont au moins un parent vivant, voire des grands-parents, oncles, tantes… S’ils vivent dans un orphelinat, ce n’est pas parce que leurs parents sont morts, mais parce qu’ils sont pauvres.

Et même si les orphelinats peuvent sembler utiles, les recherches montrent que les soins institutionnels causent presque toujours des dommages à long terme. UNICEF et ReThink Orphanages rapportent que la prise en charge en orphelinat entraîne très souvent :

  • des retards de développement ;
  • un risque accru de maltraitance ;
  • des troubles émotionnels graves ;
  • un taux de suicide plus élevé.

Et ce n’est pas tout : plus de 90 % des orphelinats tanzaniens sont créés et gérés par des étrangers. Beaucoup sont liés à des groupes religieux ou des ONG internationales qui imposent leurs idées et perpétuent un système de dépendance et de « sauveur blanc ».

Pourquoi si peu d’organisations travaillent-elles à réunir les familles ? Parce que c’est plus complexe… et bien moins rentable que de faire tourner un orphelinat avec les dons de visiteurs.

Encore une fois, car c’est tellement choquant :

80 % des enfants dans les orphelinats tanzaniens ne sont pas orphelins.

Nous espérons donc que vous comprendrez que nous ne soutenons pas les orphelinats. Nous collaborons uniquement avec des initiatives qui aident les familles à rester unies.

Ou accepteriez-vous qu’un·e tanzanien·ne que vous ne connaissez pas retire vos enfants parce que vous êtes en difficulté financière ?

Ethical travel Tanzania: why we don't organize visits to schools and orphanages - child in a Tanzanian orphanage

CE QUE NOUS PROPOSONS A LA PLACE : DES EXPERIENCES ETHIQUES & DURABLES

Chez Mawenzi Adventures, nous croyons en l’autonomisation à long terme, pas aux moments de compassion instantanée.

Nos voyages mettent l’accent sur le soutien aux adultes, pour qu’ils puissent subvenir dignement aux besoins de leurs familles.

Exemple concret : une excursion d’une journée dans une communauté masaï à proximité de Moshi. Là, l’ONG Tatu Project accompagne les femmes pour qu’elles développent leur propre activité. Parmi leurs projets :

  • une initiative autour de la santé menstruelle ;

  • un atelier de réparation de vélos géré par des femmes ;

  • Masaa, un collectif de bijoux masaï vendus de manière artisanale

Ici, vous pourrez écouter, apprendre, échanger et soutenir — sans vous imposer.

C’est ce type de tourisme que nous défendons : respectueux, responsable et véritablement bénéfique pour les communautés locales.

Ethical travel Tanzania: why we don't organize visits to schools and orphanages - children learning inside a Tanzanian school

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